Fête des pères : ce que les papas veulent vraiment
C’est évidemment le sujet du moment. Après les mamans, les papas. C’est vrai, d’abord. Qu’est-ce qu’on peut bien offrir à ces drôles de bestioles, poilues et plus ou moins voûtées, pour leur fête ?
Évidemment, chaque marchand digne de ce nom ira de sa petite musique pour vous propulser au rayon bricolage, accessoires de sport, ustensiles de plancha, cave à vins, Lego de Formule 1, saut en parapente ou tondeuse à barbe de bon aloi. Que des choses charmantes et assurément indispensables, mais un peu vues et revues, pour peu que l’on ait quelques heures de vol en tant que papa.
Aussi, je prends les devants, je me mouille, et je vais vous révéler ce qu’un père veut vraiment. Bon, en vrai, il va surtout être question de ce que moi je veux. Mais après tout, je me dis que plusieurs papas se retrouveront peut-être dans ce message, et qu’ils auront sans doute plaisir à se projeter dans cette vie pas si éloignée de la leur.
J’ai deux enfants, 11 ans et 8 ans : deux créatures sympathiques et presque pas du tout enquiquinantes, totalement surbookées en juin, avec zéro idée pour faire un cadeau. Suspense, angoisse et tergiversations : que vont-ils bien pouvoir trouver ? Vous noterez que le plus angoissé de l’histoire, c’est souvent le papa…
Bref.
Donc…
Nous y sommes.
Dimanche matin.
Jour fatidique.
J’ouvre un œil tout en faisant semblant de dormir, l’esprit aux aguets d’une potentielle attaque câlins-bisous. Une seconde. Une minute. Rien ne se passe.
Je tâtonne à tout hasard sur le lit et sous l’oreiller : pas de tronçonneuse, pas de canne à pêche, pas de “bon pour un tour de circuit en Fiat Panda”. J’écoute le silence. Pas de gloussements mal étouffés de l’autre côté de la porte, rien. Un peu circonspect, je risque une tête dans le couloir. Je tends les narines : pas de petit déjeuner surprise en train de se concocter.
Toujours rien.
De plus en plus méfiant, j’entre dans la salle à manger.
Et là.
Stupeur.
La table est dressée.
Pas pour manger, mais… pour jouer.
Des boîtes, des plateaux, des cartes…
Les Animaux de Baker Street est déjà en place, et des boîtes sont empilées non loin de là, sur la table basse. Petits Soldats, Andor : Terres Lointaines, Ascension Tactics, Star Realms Rise of Empire… Tous ces jeux qui attendaient “qu’on ait le temps” pour sortir.
Je suis surpris, presque choqué.
Des petites phrases me reviennent en tête. De celles qu’on comprend très bien, mais qui piquent quand même un peu. Des choses comme…
“Tu es sûr que tu veux faire un jeu ? Il fait si beau dehors !”
“Ah oui, ça a l’air chouette, mais j’ai compétition demain.”
“Un jeu ? Maintenant ? Mais tu sais bien qu’on va chez les cousins.”
“On jouera la semaine prochaine, là j’ai un niveau à finir avec les potes…”
…
Alors ?
Ce que je veux, pour la fête des pères ?
C’est du temps.
Du temps de jeu.
Avec vous, mes enfants.
Jouer, partager des moments, des émotions. Se voir pour de vrai, bien plus que s’apercevoir dans la voiture qui vous emmène à l’école, ailleurs que dans la salle de bains quand on se brosse les dents, plus loin que dans ces repas tendus où je vous reproche une fois encore de ne pas mettre la table et de laisser traîner vos affaires.
Je veux passer du temps avec vous, ensemble pour de vrai, lancer les dés, poser des cartes, visiter des univers, sauver des mondes ou gagner la course. Peu importe le jeu, à vrai dire, tant que j’ai du temps avec vous.
Et donc, le voilà, mon cadeau de fête des pères.
Un jeu, et vous autour.
Des rires, des râlages, de la réflexion et des cris spontanés. Juste jouer pour jouer, pour être ensemble, pour le plaisir de ressentir et de se dire tout ce qu’on ne se dit pas toujours le reste du temps.
Ce n’est pas grand-chose. C’est pourtant tout.
Quel que soit le jeu, vos enfants vont gagner. Et vous savez quoi ? Ce sera très bien comme cela.
Bonne défaite des pères.
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Olivier_by_IELLO