
Agent Avenue en 5 questions !
Agent Avenue est dispo depuis quelques heures et s’arrache déjà dans vos boutiques ! Co-signé par Christian Kudahl (l’un des auteurs de Mindbug), le jeu à marqué ESSEN et le FIJ, et s’installe déjà sur vos tables de jeux ! Pour en savoir plus, on a posé quelques questions à Guillaume, Chef de projet IELLO qui a travaillé sur la localisation d’Agent Avenue.
Bonjour Guillaume ! Agent Avenue est enfin dispo ! Est-ce que tu peux le présenter en quelques mots ?
Agent Avenue est un jeu de bluff léger pour 2 joueurs. À votre tour, vous proposez à votre adversaire 2 cartes : une face visible, l’autre face cachée. Il en choisit une, vous récupérez l’autre. Les cartes ont différents effets faisant avancer ou reculer les pions des joueurs, qui sont placés sur une piste circulaire, et votre but est de rattraper votre adversaire avant qu’il ne vous rattrape. Anticiper les choix de l’adversaire pour mieux le piéger (ou déjouer ses pièges), c’est là tout le sel du jeu.

Te rappelles tu de ton premier contact avec le jeu ? Quelle a été ta réflexion après ta première partie ? Comment s‘est passée la traduction des cartes en langue française ?
Agent Avenue fait partie de ces jeux « évidents » : une mécanique très accessible, qui n’empêche pas une vraie profondeur de jeu. Quand on découvre Agent Avenue, on se dit : « mais pourquoi ce jeu n’a pas été inventé avant » ?
En termes de localisation, le projet n’a posé aucune difficulté majeure. La plupart des cartes du mode de base n’ont qu’un seul mot, et ces mots sont souvent transparents : il n’a pas été difficile de traduire les cartes anglaises « Double Agent », « Saboteur » ou « Sentinel ». Mais certaines cartes ont demandé un petit peu plus de réflexion. Par exemple, pour la carte du « Daredevil », représentant un loup menaçant en costard-cravate, il ne m’a pas paru pertinent d’utiliser la traduction littérale de « Casse-cou ». J’ai préféré utiliser une traduction un peu moins usuelle, « Risque-tout », qui à mon sens connotait mieux à la fois le « danger » visible sur l’illustration, et surtout l’effet de la carte (obtenir la carte une fois ou deux vous aide, mais si vous en obtenez un troisième exemplaire, vous perdez immédiatement la partie !).

L’univers graphique d’Agent Avenue est particulièrement accrocheur. Peux-tu en dire quelques mots ?
Agent Avenue joue avec les codes des suburbs américains des années 50-60, et ce trope bien connu de la petite ville tranquille et bien sous tous rapports mais qui cache un mystère (ici, des agents secrets). Le choix d’utiliser des animaux anthropomorphes pour peupler ce quartier amplifie l’effet parodique d’une banlieue rétro idéalisée, et l’univers du jeu volontairement kitch permet de mettre en valeur les décalages qu’on attend d’un contexte où sont présents des agents secrets.
Bref, c’est un jeu à la thématique très riche, et les illustrations particulièrement colorées de Fanny Pastor synthétisent bien tous les aspects de l’univers qu’on nous dépeint dans le fluff. N’h’ésitez pas à découvrir les carnets d’illustration de Fanny, juste ici !

Agent Avenue est un jeu 2 joueurs d’apparence tout simple, mais il est possible de corser la difficulté… mais aussi de jouer à 4 joueurs ! Tu peux nous en dire un peu plus ?
En effet ! En plus du mode de base qui se focalise sur les 2 cartes à proposer chaque tour, Agent Avenue dispose d’un mode avancé, dans lequel sont ajoutées des cartes Marché Noir. Ces cartes, en exemplaire unique, permettent de réaliser des actions instantanées ou d’obtenir des effets passifs tout le long de la partie, ce qui risque d’épicer la confrontation. Pour obtenir ces cartes, il suffit de faire atterrir son pion sur une des cases Marché Noir du plateau avancé. Votre objectif est toujours de rattraper l’adversaire, mais en chemin, vous avez envie que votre pion s’arrête précisément sur ces cases spéciales – et que le pion de votre adversaire, lui, ne s’y arrête pas. Cela ajoute donc une nouvelle couche de stratégie dans vos propositions de cartes (et des nouvelles manières de manipuler votre adversaire).
Que ce soit dans son mode de base ou dans son mode avancé, Agent Avenue peut se jouer par équipe. Au sein de l’équipe, chaque joueur à sa propre main de cartes. Lorsque c’est au tour de votre équipe de proposer 2 cartes, chaque joueur proposera chacun une carte. Le twist, c’est que les joueurs d’une même équipe ne peuvent pas communiquer l’un avec l’autre. Qui proposera la carte face cachée, et quelle sera la carte en question ? L’impossibilité d’élaborer une stratégie commune d’une même équipe va forcément complexifier l’affaire, et créer quelques couacs assez marrants.

Allez Guillaume, question rituelle : c’est quoi ta strat’ pour gagner ?
Haha, allez, je vous dis tout ! La clé est de savoir contre qui on joue : un joueur prudent qui aura plutôt tendance à choisir la carte visible, ou un joueur qui aime le risque et prendra quoi qu’il arrive la carte face cachée, parce qu’il se dit qu’elle est forcément mieux que l’autre ? Savoir analyser la personnalité de son adversaire aide beaucoup dans les propositions qu’on doit faire.
Un autre point important qui découle du premier est d’essayer de ne pas créer de routine, de ne pas avoir des patterns de jeu qui se répètent trop souvent ou de tout le temps faire les mêmes propositions et les mêmes choix. Être trop prévisible, c’est littéralement se saborder.

Enfin, à titre personnel, je prête une attention toute particulière aux cartes Risque-tout (dont nous avons parlé un peu plus tôt) et aux cartes Cryptologue. Pour rappel, le joueur qui obtient sa troisième carte Risque-tout perd immédiatement. À l’inverse, celui qui obtient sa troisième carte Cryptologue gagne immédiatement. Ces cartes sont extrêmement puissantes. Imaginons que mon adversaire a déjà deux Cryptologue : dans ses futures propositions, à moins que la carte face visible soit une Cryptologue, je serai quasiment forcé de toujours prendre la carte face cachée, au cas où il s’agisse de la troisième Cryptologue (et ce quand bien même il s’agisse probablement en réalité d’une toute autre carte). Et le même type de raisonnement s’applique si c’est moi qui possède deux cartes Risque-tout. Dans un cas comme dans l’autre, j’essaye donc d’éviter de me retrouver dans ce genre de situations où je suis à la merci du bon-vouloir de mon adversaire. Mais ce n’est pas tout le temps simple !
